L’action humanitaire anticipée au Sud-Kivu : une réponse innovante face aux aléas climatiques dans la localité de Mboko

Mboko, Sud-Kivu – Sur les rives du lac Tanganyika, la communauté de Mboko illustre aujourd’hui la mise en œuvre réussie d’une action humanitaire anticipée (AHA), une approche proactive qui vise à prévenir ou atténuer les impacts des crises avant qu’elles ne surviennent.

Face aux aléas climatiques aggravés depuis 2020 — notamment les inondations, crues de rivières et vents violents — les habitants de Mboko ont été accompagnés par l’ONG Santé et Développement (SAD) pour instaurer un système d’alerte précoce et de prévision communautaire. Ce dispositif s’appuie sur des outils simples, tels que pluviomètres, anémomètres et poteaux signalétiques, permettant de surveiller le niveau du lac et d’émettre des alertes dès que les seuils critiques sont atteints.

Grâce à des microgrants communautaires, la population a pu renforcer ses capacités de préparation et de réponse. Le Plan d’Actions Anticipées (PAA) de Mboko repose sur plusieurs étapes clés :

  • Capacitation du groupe de gardiens du PAA ;

  • Enquêtes communautaires pour identifier les besoins prioritaires ;

  • Analyse participative des zones à risques et élaboration de scénarios ;

  • Définition des seuils de déclenchement et des mécanismes de financement.

En avril 2025, le seuil de déclenchement relatif à la montée du lac Tanganyika a été atteint, activant le processus d’anticipation. Les acteurs locaux se sont mobilisés pour mettre en œuvre les actions prévues dans le plan, démontrant ainsi la capacité de réaction autonome développée au sein de la communauté.

Cette approche proactive contraste fortement avec la réponse humanitaire classique, souvent déclenchée après les catastrophes. Les inondations meurtrières du 9 mai 2025 à Kasaba, ayant causé la mort de 110 personnes, rappellent l’urgence de généraliser ce modèle dans les autres localités côtières du Tanganyika.

« Le financement suffisant des actions humanitaires anticipées permettra d’éviter de nombreuses catastrophes et de réduire considérablement le coût des interventions d’urgence », souligne l’équipe de SAD.

Les leçons apprises à Mboko démontrent que des solutions locales, simples mais bien structurées, peuvent sauver des vies. Malgré les difficultés d’accès, le manque de données hydrométéorologiques et les violences armées dans la région, la communauté a su faire preuve de résilience et d’innovation.

La mise en place de l’AHA à Mboko prouve qu’une préparation communautaire solide peut transformer la manière dont les crises sont gérées. En renforçant les systèmes d’alerte, en favorisant la participation locale et en soutenant le financement flexible, il devient possible d’agir avant la catastrophe plutôt qu’après.

Un monde meilleur est possible, ensemble construisons-le.

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